Notre Campagne pour les Ours prend son origine dans des faits scandaleux que nous essayons dans cet article de vous relater de la manière la plus neutre et la moins brutale possible. Malheureusement la réalité des faits est elle même cruelle.
Nous vous mettons donc en garde si votre sensiblité est importante, vous pouvez être profondément choqués, comme nous l’avons d’ailleurs été nous-même.
Les sites de référence que nous vous indiquons font preuve d’une grande compétence et ne forcent pas le trait de l’horreur, mais les informations qu’ils diffusent sont très dures à lire. Merci cependant de nous acompagner car c’est les yeux ouverts que nous pouvons tous avancer sur notre chemin.
Dans la médecine chinoise traditionnelle des organes d’ours seraient utilisés depuis plus de 5000 ans, et la bile depuis environ 2000 ans. Ce sont les ours du sud-est asiatique qui ont été les plus touchés par cette exploitation et ce commerce, car les prescriptions médicales anciennes recommandaient l‘utilisation particulière de ces ours.
En 1984, le gouvernement chinois créé des exploitations de bile d’ours en estimant – à tort – que cela permettrait de mettre les populations d’ours sauvages à l’abri du braconnage. L’état chinois à alors fait piéger des ours dans la nature, principalement des ours noirs d’Asie – aussi appelés ours à collier – pour extraire leur bile. Ces ours se retrouvent confinés, pour le reste de leur existence – ainsi raccourcie de moitié (de 25 ans à 10 ans maximum) – dans des cages plus qu’étroites, où ils sont soumis deux fois par jour, à l’extraction douloureuse de leur bile. Dans les fermes, les ours sont maintenus dans des conditions cruelles et anormales. À l’état normal, les ours à collier d’Asie sont de bons grimpeurs, qui savent atteindre les fruits sur les arbres et trouver une large variété d’autres aliments végétaux ainsi que du miel et des insectes. Ils sont solitaires et vivent dans les régions boisées.
La création de fermes à ours n’a pas empêché le déclin des populations d’ours sauvages. En réalité, cette activité n’a fait que stimuler la demande des consommateurs pour les produits dérivés de la bile, créer de nouveaux marchés et aggraver la disparition des espèces sauvages. On tue toujours officiellement, et officieusement, les ours un peu partout dans le monde, Canada, Russie, Slovénie, Mongolie, Roumanie etc. En Chine, les populations d’ours ont continué de décroître. En 1999, certains spécialistes chinois de la faune sauvage ont indiqué que ces ours à collier étaient « en voie de disparition » et qu’il fallait « d’urgence » les protéger. L’objectif initial n’a donc pas été atteint, loin s’en faut. Les fermes à ours en Chine sont une vraie tragédie maintenant pour des milliers d’ours qu’on y enferme.
Elles discréditent la Chine et son héritage culturel de médecine traditionnelle et tous ceux qui y participent directement ou indirectement.
IFAW a, dans un exposé en 1993, révélé que plus de 10000 ours étaient incarcérés dans des fermes chinoises. Une campagne mondiale a été initiée par IFAW à la suite de ce rapport et a permis de créer un premier sanctuaire en Chine.
La même année, Jill Robinson, fondatrice de Animals Asia Foundation écrit :
Parfois il y a des signes du destin que nous ne pouvons ignorer. Pour ma part, ce fut en 1993 lorsque j’entrai pour la première fois dans une exploitation d’ours. Rien ne m’avait préparée à cette vision et j’eus du mal à croire que l’horreur à laquelle j’assistais était réelle. Une vision qui devait changer ma vie et qui fut à l’origine du rêve du Sauvetage des Ours de Chine. L’exploitation des ours était quasiment inconnue dans l’Ouest et c’est à la suite de rumeurs faisant état d’exploitations situées dans le Sud de la Chine que je décidai de faire partie d’un groupe de Hong Kong qui se rendait sur les lieux. Tandis que le fermier et sa femme nous montraient fièrement leurs préparations à base de bile d’ours, je parvins à m’éclipser et je découvris des escaliers qui descendaient vers une pièce. Alors que mes yeux s’habituaient à l’obscurité, j’eus la sensation de me retrouver plongée dans un film d’horreur. Des rangs entiers de cages dans lesquelles se trouvaient des ours vivants qui avaient déjà passé plus de 13 ans derrière des barreaux. Ces animaux ressemblaient à des victimes de tortures du Moyen Age et ils avaient tous des blessures béantes au niveau de l’abdomen avec des cathéters rouillés qui en sortaient. Soudain, je sentis une petite caresse amicale sur mon épaule et je me tournai pour découvrir une petite oursonne qui tendait la patte en dehors de sa cage. Sans réfléchir, je pris sa patte dans ma main et en regardant ses yeux sombres et tristes, je lui promis de revenir la délivrer.
Jill Robinson a alors commencé un travail colossal en Chine – et ensuite au Vietnam -, en nouant des liens et en négociant avec les diverses branches du Gouvernement pour mettre fin à cette pratique cruelle.
En juillet 2000, Animals Asia Foundation signe un accord avec les autorités chinoises pour sauver 500 ours encagés dans la province de Sichuan.
Le but ultime est de fermer toutes les « fermes à ours » et de développer des médications alternatives à la bile d’ours à partir de diverses plantes médicinales déjà connues.
Cet accord est historique car le premier signé entre le Gouvernement chinois et une organisation de protection animale étrangère.
Depuis octobre 2000, plus de 39 exploitations d’ours ont été fermées par le Gouvernement et plus de 138 ours ont été placés sous la protection d’Animals Asia au Centre de Sauvetage des Ours dans la province du Sichuan.
Les ours arrivent dans ce centre dans des conditions de santé terrifiantes : cadavériques, totalement terrifiés, malades, mourants,… mais grâce à beaucoup d’amour et des soins vétérinaires intensifs, la plupart d’entre eux s’en sortent !
La remise en forme des ours prend des mois. Malheureusement, ils ne peuvent être relâchés dans la nature car pour la plupart, ils sont sans défense et handicapés. Élevés en captivité ou capturés dans la nature lorsqu’ils n’étaient qu’oursons, ils ne pourraient pas survivre. Animals Asia a donc construit un sanctuaire en Chine et un tout récemment au Vietnam, où les ours peuvent vivre en sécurité, loin de toute peur et de toute souffrance.
On apporte aux fermiers une compensation financière, ils peuvent ou prendre leur retraite ou s‘établir dans d’autres affaires. Leurs permis sont retirés de façon définitive. Mais beaucoup de fermiers disent maintenant qu’une nouvelle méthode sans cathéter, la méthode de goutte libre pour l’extraction de bile – qui n’implique pas la création d’un trou permanent dans l’abdomen – est « sans douleur »! pour les ours et que l’industrie, donc, est maintenant humaine. Bien entendu cela est totalement faux. Rien ne justifie cela. Aucune technique de substitution, ne peut permettre de traiter ces animaux de cette façon criminelle. La dernière cargaison d’ours sauvés, défigurés, mutilés et gravement malades montre que ce commerce est toujours aussi brutal.
Les consommateurs en Chine, au Japon et en Corée sont les plus demandeurs de bile d’ours. De plus, des membres d’ours, de la bile en poudre et des produits dérivés de bile ont été retrouvés en Australie, à Taiwan, en Indonésie, Malaisie, Singapour, aux Etats-Unis et au Canada. Il est pourtant illégal d’exporter de Chine tous produits issus de l’ours, mais le commerce du marché noir se développe. La bile est utilisée en médecine traditionnelle pour soulager des douleurs qui la fièvre, les maladies de foie et les douleurs aux yeux. Les alternatives synthétiques et végétales sont pourtant depuis longtemps disponibles, efficaces et beaucoup moins chers.
Il y a deux ans, le Parlement Européen a lancé une campagne pour conseiller au gouvernement chinois de mettre fin aux fermes d’ours d’ici à 2008. Plus de 7000 ours sont toujours cependant piégés dans des fermes, partout en Chine. Il faut encore rajouter les innombrables ours prisonniers au Vietnam, en Corée et ailleurs peut être. Certains y sont été incarcérés depuis plus de 20 ans.
247 ours ont déjà été sauvés. Tous les autres nous attendent, encore.
REJOIGNEZ NOUS!
Nous vous expliquerons dans un prochain article, pourquoi nous avons choisi de défendre les ours en général et ces ours là en particulier. Nous vous donnerons également les grandes lignes de la campagne que nous allons engager avec tous les artistes qui voudront bien nous suivre pour accompagner, avec vous, nos actions pour soutenir la fondation AnimalsAsis.
Sources:
Rapport «Les excès de la médecine traditionnelle asiatique », pour One Voice qui organise et soutient de grandes campagnes en faveur des ours martyrisés en Asie.
Documents de la fondation de Jill Robinson: Animals Asia Fondation
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