Institut d’art et santé du vivant
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Pour une vie non violente. Notre manifeste.

Le ton polémique volontaire de ce texte appelle à discussion. Vos remarques et vos questions seront par conséquent les bienvenues.

Manifeste

Combien de temps encore devons nous accepter de côtoyer l’horreur ?
Un enfant maltraité, meurt sous les coups de sa mère et nous arrache les larmes. Une femme violée au Rwanda nous bouleverse. Des génocides en Asie ou ailleurs mobilisent l’opinion et déclenche des actions généreuses…Jean Ziegler nous rappelle depuis des années que la faim dans le monde est le premier crime contre l’humanité. Nous vivons notre vie sur un volcan de souffrance. Nous nous égarons dans les gouffres de la violence. Sommes nous conscients que nos gestes les plus ordinaires supportent les mêmes abominations ?

Pensons-nous ?

  • Lorsque nous enfilons nos bottes ou nos escarpins.
  • lorsque nous mettons notre ceinture de pantalon.
  • Lorsque nous portons un sac en bandoulière ou un blouson sur le dos.
  • Lorsque nous commandons une voiture avec options sièges luxe.
  • Lorsque nous passons notre fond de teint sur la figure ou notre crème de nuit.
  • Lorsque nous nettoyons notre évier avec un produit décapant parfumé au faux citron.
  • Lorsque nous prenons une aspirine contre la migraine.
  • Lorsque nous commandons un steak: « Quelle cuisson ? Saignant, pour moi ! ».

Entendons nous ce que nous disons ? Comprenons nous ce nous voulons ?

Pensons-nous ?

« Saignant ». C’est ce même sang qui aux infos de vingt heures nous arrache des exclamations d’horreur. Le même sang ? Voire…Savons-nous, voulons nous seulement savoir que tous ces produits d’agréments et de confort se fabriquent sur l’exploitation, la peur, la souffrance, le martyr et la mort de millions d’êtres, vivant à côté de nous. Nous possédons des chiens, des chats… que nous aimons tendrement. Nous leur achetons des jouets, des matelas et la bonne pâtée vue à la télé. Lorsqu’ils meurent, nous pleurons. Nous ne les laissons pas être maltraités. Ce sont « nos amis les bêtes ». Une émission s’appelle même comme cela !

Alors certains sont nos amis. Et d’autres, nous les mangeons ?
Nous portons leur peau, nous buvons leur lait. Nous nous soignons, nous nous lavons, nous nous faisons beaux avec des produits fabriqués « sur leur dos ».

Nous savons tous que les exploitations animales sont enfers organisés.
Nous savons que les abattoirs sont souffrance et de carnage.
Nous savons que les laboratoires de recherche et d’expérimantation torturent et massacrent des millions d’animaux.

Y a -t-il sur cette terre d’un côté les êtres humains doués de sensibilité et de raison, dont les souffrances nous indignent, et d’un autre côté les animaux qui ne seraient que des machines, après tout, utilisables, exploitables et manipulables sans remords ? Les mécanistes cartésiens* expliquaient déjà cela dans leurs traités philosophiques. Malebranche grand esprit, théologien, bourrait de coups de pieds sa chienne gravide et répondait ironiquement aux coeurs sensibles qui s’offusquaient des gémissements pitoyables de l’animal « eh quoi, ne savez-vous point que cela ne sent point ? ».

Le vivant ne se morcelle pas. Tout ce qui existe est vivant, doué de sa sensibilité propre. Nous appelons tout simplement au respect de la vie.

Lorsque nous achetons une escalope c’est le veau que nous tuons. Lorsque nous achetons une paire de chaussures, c’est le veau que nous tuons, l’agneau, le poulain, le bœuf…Nos armoires sont des hécatombes, notre peau des mouroirs, nos estomacs des charniers. Non, nous n’exagérons pas. Nous défions quiconque, ayant une santé mentale stable et une sensibilité équilibrée, de visiter un abattoir, un laboratoire d’expérimentation, une ferme d’élevage industriel, sans, à l’instant même, refuser de tout son être ces pratiques épouvantables. Nos animaux domestiques, dits d’agréments, accompagnent nos épouvantables solitudes que l’exploitation démesurée et cauchemardesque du monde animal prend des dimensions dont les conséquences même par retour attaquent notre santé et notre bien être (vache folle, grippe aviaire, alimentation polluée et dégénérée….)

Combien de temps encore allons nous accepter de vivre en perpétuelle contradiction notre ressenti profond ?
Combien de temps allons accepter de côtoyer quotidiennement la mort imbécile et cruelle ?

La boucherie sur la place du marché, l’odeur des poulets grillés dans la rue, le jambon beurre du petit café au coin de la rue, les publicités des revues pour les chaussures en poulain et les sacs en agneau. Allez vous le tuer cet agneau là ? Non, n’est ce pas ? Alors pourquoi accepter ? Pourquoi acheter, pourquoi consommer ?

Arêtons de consommer cruel. Arrêtons de consommer égoiste !
Consommons conscient!

Nous pouvons modifier nos habitudes de vie *maintenant* ! Nous devons le faire délai.

Il n’est pas nécessaire pour éradiquer ces horreurs là de s’embarquer pour le bout du monde en missions humanitaires. Agissons au quotidien, maintenant, tout simplement. Les moutons à l’abattoir ne sont pas que dans les bétaillères. Chaque fois que nous acceptons par confort, par oubli ou ar lâcheté ce que notre cœur au fond refuse, nous devenons nous même des moutons bêlants et soumis, proies faciles des manipulateurs économiques et des dictateurs mégalomanes.

Un acte de violence reste toujours un acte de violence. Mitrailler des enfants, violer des femmes ou égorger un mouton. Il n’y a pas de degré dans la violence, il n’y pas de degré dans la souffrance, il n’y a pas de degré dans l’injuste. Une claque peut paraître innocente. Elle ouvre pourtant l’engrenage qui brisera un jour la vie de cette femme battue par son mari. Un viol n’est jamais consenti ni source de plaisir…Tout être vivant a le doit à notre respect et à notre compassion et, si nécessaire, à notre protection comme le stipule la Charte Universelle des Droits des Animaux.

Être humain n’autorise pas à dominer ni à détruire l’autre. Parce que nous sommes des êtres humains, nous avons ce devoir inéluctable, irréfutable, inaliénable.
Nous refusons de devoir côtoyer l’horreur, nous refusons de la cautionner.
Nous refusons de vivre en enfer et toutes nos actions et nos paroles doivent créer les conditions d’une vie meilleure, pour tous sur cette terre.

L’élevage et la domestication des animaux sont des pratiques barbares déshonorantes pour l’humanité. Source de gâchis et de pollution de la terre et de l’eau elles entraînent de plus en plus maladies et épidémies. Nous devons refuser ces pratiques injustifiables en utilisant notre pouvoir de citoyen et de consommateur. Refusons d’utiliser ou de consommer aucun animal ou produit animal dérivé.

Nous avons le devoir d’arrêter, de nous arrêter. C’est à dire qu’il nous faut faire preuve faire de preuve de volonté, résistance et détermination. Non pas une résistance agressive, mais un refus d‘agir : « cela je ne le ferai pas, cela je le refuse car ce n’est pas juste. Je revendique et je mets en acte ma liberté de choix et de pensée » (cf art. 1 de la constitution française). Participer même passivement, en jouissant des fruits d’actes de violence et d’injustice, d’actes inéquitables, c’est toujours participer à cette violence quotidienne.

Accepter c’est encore participer.

La consommation et la surconsommation nous obsède, nous occupe et nous divertit, nous rassure et nous valorise. Elle nous tue rapidement ou petit à petit et tue, par des procédés ignobles ceux à qui prenons directement ou indirectement les substances nutritives ou d’agrément dont nous pensons avoir besoin. Les besoins de cette consommation délirante sont totalement artificiels et fabriqués de toutes pièces par des manipulations mentales qui touchent notre affectif. Nos publicités télévisées ne nous veulent pas que du bien! Nous possédons trop, nous mangeons trop, nous nous agitons trop. Nous sommes submergés par trop d’informations inutiles.

Ces envahissements permanents nous fatiguent et nous asphyxient. Nous ne pensons même plus que l’on peut respirer.
Il faut impérativement et urgemment retrouver la dynamique personnelle de notre corps, c’est-à-dire notre vitalité propre, la santé de notre vivant.

Comment se fait-il que nous nous passionnons pour des comportements extrêmes d’exploits sportifs reposant sur l’élitisme et la performance. Comment se fait il que nous ne nous soyons jamais posés la question d’expérimenter la simplicité?
Non pas le manque qui angoisse la part primitive de notre cerveau mais la tranquillité qui naît de la certitude de subsister de peu et de n’avoir besoin de presque rien. Non pas la pauvreté subie, écrasante et dégénérative, source de peur et d’humiliation, mais la liberté de se mouvoir et d’être avec un corps qui se régule, s’adapte, se fortifie même de simplement exister.

Exister sur cette terre, c’est d’abord respirer. C’est purifier et nourrir notre sang d’air pur. C’est baigner notre corps de lumière et de soleil. La vie confinée entre quatre murs et les pieds sur le béton, nous limite et nous rabougrit. Nous ne respirons plus ou si peu. Juste assez quand même pour ne pas s’étouffer et mourir là brutalement. Mais nous mourrons plus ou moins lentement, plus ou moins douloureusement de maltraitance affective et physique. De désespoir, de dégénérescences cellulaires qui envahissent un corps appauvri et privé de son immunité. Notre violence, notre aveuglement nous étouffe.

Nous ne respirons pas.

«Ouvrons, ouvrons la cage aux oiseaux»

Ouvrons nos cœurs

Nous ouvrirons toutes les cages. Anima Terra: Montagne rose

Comment opérer ces changements ?

Consommer conscient, comme ce manifeste vous y invite, est une entreprise complexe qui doit s’effectuer toujours dans le plus grand équilibre et la plus grande harmonie. Les informations complémentaires pour la mise en pratique d‘une « consommation consciente » seront régulièrement apportées sous forme d’articles, de bibliographie ou de liens avec d’autres sites de référence.

Face à l’étendue des questions et problèmes que pose la maltraitance et la violence, seul un changement personnel effectif de conviction et de comportement peut induire l‘évolution favorable de nos civilisations humaines. Une modification radicale de notre comportement alignée sur une éthique personnelle plus rigoureuse et une plus grande cohérence de vie n’est évidemment pas aisée. Elle doit d’abord sérieusement se poser dans l’intention. La réalité de ce changement ne peut et ne doit se faire que par étapes, progressivement, ou par petites touches, en respectant toujours son rythme personnel d’évolution. Ce qui implique forcément des moments de découragement, de doute, de fatigue, de blocage physique émotionnel ou mental. Il faut les identifier, les comprendre et les accepter, en conservant intacte l’intention qui a présidé à notre choix de vie nouvelle.

Le moment de ce changement effectif importe peu. Ce qui importe, c’est que ce changement se réalise.

Pour soi-même d’abord, c’est incontournable. Pour les autres bien sûr, c’est indispensable.

Anima Terra

“ La non-violence est la plus grande force que l’humanité ait à sa disposition..la destruction ne correspond nullement à la loi des hommes ”
The Mind of mahatma Gandhi

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