L’art est un rituel où l’adulte joue.
La pratique artistique, dans les sociétés traditionnelles, trouve son origine dans la religion et la magie. Cette dimension spirituelle reste toujours présente dans la création artistique, le mandala en est un des exemples les plus représentatifs.
Apparition Marie de Lodz 
Le mot sanscrit, cercle, est utilisé par les bouddhistes pour désigner une peinture spécifique, réalisée comme support de méditation et ouvrant le chemin vers l’éveil.
Traditionnellement le Mandala se présente sous la forme d’un cercle avec un centre, habituellement inscrit dans un carré, subdivisé en carrés plus petits, avec quatre portes d’entrées. Certains d’entre eux regroupent des divinités bouddhiques qui symbolisent différents niveaux de conscience.Forme archétypale il peut prendre différents aspects selon sa provenance : tibétain, indien, chinois, indien navajo, etc.
Toutefois sa structure de base est universelle : C’est un cercle avec son point central.
Le Temps Infini Marie de Lodz
Ce point dans son unicité signifie la totalité absolue, infinie et une, le TOUT et le UN. Le Mandala représente toujours l’ouverture dans le sens de l’infini, espace magique, curatif. Il a une profonde signification symbolique. Cette circonférence extérieure est un symbole important, protégeant le centre de la personnalité qui n’est donc pas influencée par l’extérieur.
En art thérapie le travail du mandala est particulièrement intéressant.
La personne joue avec les couleurs, les volumes les rythmes et installe progressivement son langage graphique personnel. Elle peut travailler du centre vers la périphérie ou l’inverse, il n’y a pas de nécessité particulière mais cette élaboration repose sur une il portante concentration. Comme pratique de rituel individuel ou de l’élaboration de mandalas confronte à la notion du vide, de l’angoisse de la page blanche sans modèle extérieur. La prtique du Mandala permet alors d’utiliser cette surface blanche et de remplir l’espace donné au propre comme au figuré.
C’est enchaînement progressif des étapes, des cercles concentriques qui renforce le ressenti de transformation.
Un Gabriel Byzantin Marie de Lodz

Quand un peintre indien ou tibétain dessine un Mandala, …il donne une forme à ce monde qu’il sentait s’agiter en lui; enfin il peut le voir, étendu sous ses yeux, monde qui n’est plus le maître invisible et incontrôlé de son âme, mais diagramme serein qui lui dévoile les secrets des choses et de son moi.
Cet enchevêtrement d’images et leur disposition symétrique, la succession de figures paisibles ou irritées, est le livre ouvert du monde et de son propre esprit.
Là où auparavant régnait la ténèbre, brille la lumière.
Théorie et pratique du Mandala , Giuseppe Tucci
Les artistes ont en eux, fondamentalement, le devoir et le pouvoir de transcrire, interpréter et transmettre étendu infini de la création dans toutes ses dimensions et à tous niveaux. De l’unité au tout. C’est-ce qui les fait souvent considérer comme différents des autres. « Oh lui, c’est un artiste !’’. Oui, il est différent dans ses moyens d’exprimer, de clamer, de faire la lumière sur les zones les plus sombres de l’humain.
L’artiste montre que l’homme est un être parmi les autres, capable de ressentir au plus profond de lui-même les sons mélodieux, harmonieux, divins en somme de la création tout entière. Il les intègre, dans sa vie de tous les jours, comme une constante, un support essentiel de vie, pour dénoncer les misères injustes, les martyrs injustifiables, les oppressions inadmissibles, de tous ordres dans la diversité de notre monde. Il les constate et souvent directement les vit.
Tous sont concernés, les règnes minéraux, végétaux, animaux et humains, sans distinction. Car la distinction montrée inclut déjà en elle la différence et donc la discrimination. Il n’est pas étonnant de constater que dans l’histoire connue ou supposée de notre espèce.
Ce sont quasiment toujours des artistes, des créateurs, qui ont sonné l’alarme de nos dévoyances et de nos projets. Soit en les stigmatisant, soit en les dénonçant, soit en les « combattant ». Tout écrivain, tout musicien, tout peintre, sculpteur, danseur, chanteur, dans la nuit des temps a été, est, et restera la lumière éclairante de nos zones sombres. Parce qu’il est, plus que d’autres, sensible à la beauté indéfinissable de ce qui existe et donc réceptif, par sa sensibilité aigue, aux vibrations multiples et infinies du vivant, il peut et doit exacerber sa sensiblerie au regard même de la dimension de la création. Il exprime ainsi, au grand jour, et si nécessaire en fanfare, dans le plus grand vacarme et avec une obstination continue, à travers ses oeuvres, le divin équilibre des choses de ce monde. On pourra toujours le considérer comme un artiste, mais ainsi mis en marche, il acquiert une autre dimension, qui lui confère de fait, par son énergie et sa force, le rôle de gardien d’éternité.
C’est pourquoi, dénoncer comme totalement déviante et perverse, l’attitude des hommes vis-à-vis du vivant qui les entourent, fait naturellement partie de sa responsabilité. Il ne prêche pas, il constate. Il ne juge pas, il ressent. Il n’éduque pas, il exprime. Ses ressentis authentiques, extraits de la mémoire profonde et infinie de la création universelle, le désigne même comme le messager du discours transcendant des dieux, qui toujours nous ont indiqué les voies à ne pas oublier ni perdre. L’artiste ouvre en permanence le chemin vers la lumière divine présente en chacun de nous. Il permet, seul, de « redresser la barre’’ dans la tempête gigantesque qui est en train, à l’évidence, de nous engloutir.
Nous sommes tous embarqués. Les animaux qui nous accompagnent depuis toujours sont là, présents.
La cause animale doit être enfin sérieusement prise en compte, en ce qu’elle est le reflet de nos déviances et de nos erreurs. L’amour du vivant, l’amour des animaux doit s’exprimer avec sentiment et mesure, dans des actions sous-tendues pas le plus grande compassion. En cela il s’agit de montrer, sans discussion possible, que le lien unique et total de tous les êtres relève de la puissance créatrice infinie qui existe en chacun de nous. Ce lien doit être exprimé pour qu’enfin les symboles de justice, d’équilibre et d’harmonie retrouvent leurs places dans une réalité de vie de tous les jours, engagent ainsi la longue marche vers un retour vers la santé globale et à l’harmonie universelle.
La création spontanée, élémentaire sacrée, s’avère la seule possibilité, absolue, de comprendre que chacun détient, sur lui, la clé qui ouvre la porte sur l’espace magique d’une vie heureuse. Sa vie, redevenue supportable, évoluant sans cesse vers un meilleur possible, lui permet seulement alors d’intervenir dans le monde. Il apporte alors, dans sa certitude de vivre juste, l’aide dont tous ont besoin pour s’engager sur la même voie.
L’œuvre artistique reste, au delà de son créateur, la marque de sa sensibilité inscrite au delà des temps. C’est le fondement même de l’amour universel. C’est le gage d’une sincère prise en compte des sensibilités de vie de tous, c’est une force immense qui permet de préserver, de protéger, de secourir, de guérir, d’aimer.
“ La non-violence est la plus grande force que l’humanité ait à sa disposition..la destruction ne correspond nullement à la loi des hommes ”
The Mind of mahatma Gandhi
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