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Billets sous la catégorie L’Art

Art Elémentaire

Ce que nous nommons Art Élémentaire est caractérisé par sa simplicité de conception et son immédiateté. L’agencement des figures et des traits peuvent paraitre complexes mais leur création est en fait immédiate et spontanée. Il n’y a pas d’école, pas de cohérence picturale soutenue.
Pas de distance et pas de perspective. C’est une représentation en image, minutieuse et innocente.

Peinture instinctive et sans « astuce ». L’image se montre comme telle qu’elle est ressentie et non vue, sans l’artifice de la peinture pour faire croire que c’est vrai.
On ne retrouve pas dans l’art naïf le jeu de l’apparence et de la réalité.
Il n’y a pas d’effort de profondeur et de distance mais il y a la magie de la présence, transposition de rêves enfantins dans les images réelles de peintures très méticuleuses.

Peinture immédiate, sans reconstruction. Non pensée.
C’est une atmosphère de magie et de rêve. On y trouve de fait les éléments de la nature et les personnages de la vie , mais autrement, dans les formes ondulatoires et colorées de vibrations du vivant.
On ne trouve pas dans l’art élémentaire le questionnement qui donne un côté onirique à l’image et c’est dans la profondeur de notre lien immédiat avec les éléments que se trouve la magie extraordinaire de la Présence. Ça ne raconte aucune histoire, ne laisse aucune place à aucune histoire mais cela contient toutes les histoires. Peinture Universelle. C’est cet état d’être total, cette présence qui ouvre et l’emporte sur la réalité de la scène.
En étant totalement dedans on est, on EST la chose. On est TOUT et UN.
C’est ça la métamorphose. C’est ça la magie. On est totalement avec le soleil, on est un avec le soleil et en étant un on est tout. Modalité d‘être hors de la pensée mentalisante discursive et limitée. Au-delà de la compréhension et de la connaissance.
Ainsi chez Chagall les forces élémentaires s’expriment au travers de l’onirisme du peintre dans des formes et dans des couleurs mouvementées, infinies, non fini, improbables.Les personnages en apesanteur, les superpositons de plans et de niveaux de réalité L’art élémentaire sacré exprime ce qui existe en chacun de nous: la capacité de créer tout naturellement.

L’œuvre d’art élémentaire est une production radicalement individuelle, sauvage et étrangère à tout modèle. Elle est produit de pure nécessité, la seule influence qu’elle subisse étant celle d’une impérieuse voix intérieure. Quand nous parlons d’art élémentaire il s’agit de l’élémentaire originel : l’élément instantané de la création. La création instantanée, dans sa simplicité, établit le lien permanent entre la tranquillité du créateur et la brutalité de la création.

L’art élémentaire est brutal, pourquoi ? Parce qu’il impose une certitude. La certitude du créateur qui a fait, qui a exprimé, dans une représentation plate ou en volume, son être réel et son lien avec le sacré.

L’élément de l’art nous ramène à l’élément de l’être.

L’art élémentaire sacré se réalise dans une extraordinaire tranquillité. Quand on peint, c’est dans l’ici et maintenant. L’élément s’installe dans toute la brutalité de son évidence et la totalité de sa présence. L’art élémentaire se situe en dehors de la performance, quelle qu’elle soit et laisse vibrer les formes et les couleurs, au-delà des techniques, des représentations et des conventions. Il ne s’agit pas de vouloir faire mais de laisser faire, ainsi aucune insatisfaction, aucune inquiétude, aucun doute ne trouve sa place. Le tableau EST ce qu’il est. C’est dans la certitude de la création et la simplicité de l’élément que le sacré trouve sa place. L’art est la seule possibilité d’être ce que nous sommes.

A notre naissance , nous sommes tout entier ce que nous sommes. Nous naissons dans un milieu donné, une famille donnée, qui ont leurs lois, leurs principes et leurs histoires. Le jeu est ainsi préétabli et ses règles ne reconnaissent que les comportements stéréotypés de performance. Nous apprenons, dans des schémas mentaux préfabriqués, à nous mettre en référent par rapport aux autres et par rapport aux normes validées. Nous développons ainsi des fonctionnements de vie fondés sur la compétition, la dévalorisation et la soumission. Nous étouffons en nous toutes les possibilités d’émotions et de ressentis de l’être entier que nous sommes. Nous morcelons notre être, c’est-à-dire tout ce qui est à l’origine en nous: la joie, le rire de vie, le jeu indéfini, l’expérience de l’exploration ludique de soi, la curiosité constante du monde environnant, l’émerveillement ininterrompu de sa propre évolution.

L’art exprime, en dehors des cadres habituels rationnels de nos sociétés dîtes modernes, notre réalité, notre identité inaliénable, qui ne ressemblent à aucune autre, qui ne peuvent être mises dans aucune case.

La création dans l’art est la clef incontournable qui ouvre la porte de notre vie réelle, profonde, unique et infiniment universelle.

L’expression même du sacré en peinture met en place une vibration certaine qui ne peut être ressentie que comme brutale, parce que c’est une intervention de certitude divine. Et cette intervention du sacré divin aujourd’hui choque. Remettre l’être dans ce qu’il est, c’est-à-dire dans la totalité de sa vie infinie pour replacer les choses dans leur perspective, c’est toujours brutal. C’est la raison pour laquelle l’art sort l’être humain de son inéluctable incarnation terrestre humaine. On peut voir un tableau sous l’angle d’une information intellectuelle, d’une accumulation d’informations. Mais on peut voir un tableau en sachant plus ou moins consciemment que, à ce moment là, on s’imprègne des ondulations vibratoires de l’œuvre crée par le peintre qui, lui, est présent, ici et maintenant, dans la totalité de son être universel et infini. On se retrouve alors avec SOI. C’est élémentaire. Cela peut être ‘’brutal‘’. C’est l’ouverture au sacré.

En fait, tout art est, dans son essence, élémentaire et sacré. Ce n’est pas l’image qui est importante, ce n’est pas l’image de la peinture, c’est la peinture elle-même, la manière dont elle peinte, même dans la peinture dite académique, dans sa composition, ses couleurs, ses formes, ses assemblages, et ses superpositions très kitsch de colonnes, de grottes, de mélange de mythologies, sa luminosité et ses perspectives. On peut le voir, le sentir, en ressentir le choc vibratoire. L’inspiration de l’élémentaire dans la création, instantanée, lie, dans sa simplicité immédiate, la tranquillité de l’infini et la brutalité de l’instant

L’art et la création sont notre vie profonde à tous, êtres humains. Lorsque l’on crée, on est vraiment un tout, un être complet et notre peinture c’est nous. A ce moment là, on est dans le sacré. Il n’y a même plus de tableau. Le tableau bien sûr c’est la façon la plus simple de dire en quoi consiste l’élément, la chose sur laquelle on exprime notre ressenti profond, personnel et sacré. En peignant nous associons ce que nous sommes et ce que nous faisons, nous associons la totalité de notre être et la multiplicité de ce que nous faisons.

L’art élémentaire sacré nous remet en contact avec la vie, dans ses cycles, ses exubérances et son éternité. Par l’art élémentaire sacré s’exprime notre connivence avec les éléments fondamentaux, essentiels de l’univers tout entier et la création artistique manifeste nos possibilités infinies d’être présents, en permanence et harmonieusement, avec lui.

Tout est là. Présence immédiate et tranquille, qui ouvre la porte au rêve et à la magie sacrée. L’art EST élémentaire.Il restaure le lien d’amour qui nous unit aux éléments fondamentaux, à nous-mêmes et à l’Univers. Il est sacré. Tout être humain a en son pouvoir la puissance de créer. Tout être humain est un artiste.

Le Mandala, forme et figure du Sacré.

L’art est un rituel où l’adulte joue.

La pratique artistique, dans les sociétés traditionnelles, trouve son origine dans la religion et la magie. Cette dimension spirituelle reste toujours présente dans la création artistique, le mandala en est un des exemples les plus représentatifs.

Apparition Marie de Lodz Marie de Lodz mandala Apparition

Le mot sanscrit, Cercle, est utilisé par les bouddhistes pour désigner une peinture spécifique, réalisée comme support de méditation et ouvrant le chemin vers l’éveil.
Traditionnellement le Mandala se présente sous la forme d’un cercle avec un centre, habituellement inscrit dans un carré, subdivisé en carrés plus petits, avec quatre portes d’entrées. Certains d’entre eux regroupent des divinités bouddhiques qui symbolisent différents niveaux de conscience.
Forme archétypale il peut prendre différents aspects selon sa provenance : tibétain, indien, chinois, indien navajo, etc.

Toutefois sa structure de base est universelle : C’est un cercle avec son point central.

Le Temps Infini Marie de LodzMarie de Lodz Mandala le temps Infini II

Ce point dans son unicité signifie la totalité absolue, infinie et une, le TOUT et le UN. Le Mandala représente toujours l’ouverture dans le sens de l’infini, espace magique, curatif. Il a une profonde signification symbolique. Cette circonférence extérieure est un symbole important, protégeant le centre de la personnalité qui n’est donc pas influencée par l’extérieur.

En art thérapie le travail du mandala est particulièrement intéressant.
La personne joue avec les couleurs, les volumes les rythmes et installe progressivement son langage graphique personnel. Elle peut travailler du centre vers la périphérie ou l’inverse, il n’y a pas de nécessité particulière mais cette élaboration repose sur une il portante concentration. Comme pratique de rituel individuel ou de l’élaboration de mandalas confronte à la notion du vide, de l’angoisse de la page blanche sans modèle extérieur. La prtique du Mandala permet alors d’utiliser cette surface blanche et de remplir l’espace donné au propre comme au figuré.
C’est enchaînement progressif des étapes, des cercles concentriques qui renforce le ressenti de transformation.

Un Gabriel Byzantin Marie de Lodz

Marie de Lodz mandala UN GABRIEL BYZANTIN

Quand un peintre indien ou tibétain dessine un Mandala, …il donne une forme à ce monde qu’il sentait s’agiter en lui; enfin il peut le voir, étendu sous ses yeux, monde qui n’est plus le maître invisible et incontrôlé de son âme, mais diagramme serein qui lui dévoile les secrets des choses et de son moi.
Cet enchevêtrement d’images et leur disposition symétrique, la succession de figures paisibles ou irritées, est le livre ouvert du monde et de son propre esprit.
Là où auparavant régnait la ténèbre, brille la lumière.
Théorie et pratique du Mandala , Giuseppe Tucci

Art vivant et sensibilité

Les artistes ont en eux, fondamentalement, le devoir et le pouvoir de transcrire, interpréter et transmettre étendu infini de la création dans toutes ses dimensions et à tous niveaux. De l’unité au tout. C’est-ce qui les fait souvent considérer comme différents des autres. « Oh lui, c’est un artiste !’’. Oui, il est différent dans ses moyens d’exprimer, de clamer, de faire la lumière sur les zones les plus sombres de l’humain.

L’artiste montre que l’homme est un être parmi les autres, capable de ressentir au plus profond de lui-même les sons mélodieux, harmonieux, divins en somme de la création tout entière. Il les intègre, dans sa vie de tous les jours, comme une constante, un support essentiel de vie, pour dénoncer les misères injustes, les martyrs injustifiables, les oppressions inadmissibles, de tous ordres dans la diversité de notre monde. Il les constate et souvent directement les vit.
Tous sont concernés, les règnes minéraux, végétaux, animaux et humains, sans distinction. Car la distinction montrée inclut déjà en elle la différence et donc la discrimination. Il n’est pas étonnant de constater que dans l’histoire connue ou supposée de notre espèce.

Ce sont quasiment toujours des artistes, des créateurs, qui ont sonné l’alarme de nos dévoyances et de nos projets. Soit en les stigmatisant, soit en les dénonçant, soit en les « combattant ». Tout écrivain, tout musicien, tout peintre, sculpteur, danseur, chanteur, dans la nuit des temps a été, est, et restera la lumière éclairante de nos zones sombres. Parce qu’il est, plus que d’autres, sensible à la beauté indéfinissable de ce qui existe et donc réceptif, par sa sensibilité aigue, aux vibrations multiples et infinies du vivant, il peut et doit exacerber sa sensiblerie au regard même de la dimension de la création. Il exprime ainsi, au grand jour, et si nécessaire en fanfare, dans le plus grand vacarme et avec une obstination continue, à travers ses oeuvres, le divin équilibre des choses de ce monde. On pourra toujours le considérer comme un artiste, mais ainsi mis en marche, il acquiert une autre dimension, qui lui confère de fait, par son énergie et sa force, le rôle de gardien d’éternité.

C’est pourquoi, dénoncer comme totalement déviante et perverse, l’attitude des hommes vis-à-vis du vivant qui les entourent, fait naturellement partie de sa responsabilité. Il ne prêche pas, il constate. Il ne juge pas, il ressent. Il n’éduque pas, il exprime. Ses ressentis authentiques, extraits de la mémoire profonde et infinie de la création universelle, le désigne même comme le messager du discours transcendant des dieux, qui toujours nous ont indiqué les voies à ne pas oublier ni perdre. L’artiste ouvre en permanence le chemin vers la lumière divine présente en chacun de nous. Il permet, seul, de « redresser la barre’’ dans la tempête gigantesque qui est en train, à l’évidence, de nous engloutir.

Nous sommes tous embarqués. Les animaux qui nous accompagnent depuis toujours sont là, présents.
La cause animale doit être enfin sérieusement prise en compte, en ce qu’elle est le reflet de nos déviances et de nos erreurs. L’amour du vivant, l’amour des animaux doit s’exprimer avec sentiment et mesure, dans des actions sous-tendues pas le plus grande compassion. En cela il s’agit de montrer, sans discussion possible, que le lien unique et total de tous les êtres relève de la puissance créatrice infinie qui existe en chacun de nous. Ce lien doit être exprimé pour qu’enfin les symboles de justice, d’équilibre et d’harmonie retrouvent leurs places dans une réalité de vie de tous les jours, engagent ainsi la longue marche vers un retour vers la santé globale et à l’harmonie universelle.

La création spontanée, élémentaire sacrée, s’avère la seule possibilité, absolue, de comprendre que chacun détient, sur lui, la clé qui ouvre la porte sur l’espace magique d’une vie heureuse. Sa vie, redevenue supportable, évoluant sans cesse vers un meilleur possible, lui permet seulement alors d’intervenir dans le monde. Il apporte alors, dans sa certitude de vivre juste, l’aide dont tous ont besoin pour s’engager sur la même voie.

L’œuvre artistique reste, au delà de son créateur, la marque de sa sensibilité inscrite au delà des temps. C’est le fondement même de l’amour universel. C’est le gage d’une sincère prise en compte des sensibilités de vie de tous, c’est une force immense qui permet de préserver, de protéger, de secourir, de guérir, d’aimer.

Anima Terra

“ La non-violence est la plus grande force que l’humanité ait à sa disposition..la destruction ne correspond nullement à la loi des hommes ”
The Mind of mahatma Gandhi

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